Robin Jund

Collapsus

Et si notre disparition ne laissait derrière elle ni fracas, ni ruines spectaculaires, mais seulement des paysages redevenus silencieux ? Collapsus explore ces lieux où la présence humaine semble s'être retirée. Rien n'y affirme la fin d'un monde ; tout y suggère simplement que le temps a repris son cours.

Collapsus est née d’une question simple : à quoi ressembleraient les paysages si l’humanité cessait soudainement d’en être le centre ?

Depuis plusieurs années, les récits d’effondrement occupent une place importante dans notre imaginaire collectif. Pourtant, je ne cherche pas à illustrer une catastrophe. Ce qui m’intéresse est plus discret : le silence qui lui succéderait.

Les lieux photographiés existent bel et bien. Ils appartiennent à notre quotidien : une route, une station-service, une maison isolée, une infrastructure oubliée. Rien n’a été mis en scène. Mais le cadrage, la lumière ou l’absence de présence humaine déplacent leur lecture. Le réel bascule doucement vers la fiction.

J’aime imaginer que ces paysages ne racontent pas seulement ce qui pourrait advenir. Ils interrogent aussi notre manière d’habiter le monde aujourd’hui. Lorsque l’activité humaine s’efface, la nature ne triomphe pas, elle continue simplement d’exister. Les bâtiments demeurent quelque temps. Les routes persistent. Les traces résistent encore. Puis, lentement, la mémoire s’efface avant la matière.

Collapsus n’est pas une prophétie. C’est une invitation à regarder autrement des lieux que nous croyons connaître.